Qu’est-ce qu’un tableau électrique ?

Comprendre le tableau électrique en images : le rôle des appareils, les protections, le parcours du courant et les repères des circuits du logement.

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Illustration d’un tableau électrique à quatre rangées dans un placard ouvert, à l’entrée d’une maison aux murs bleus.
Le tableau électrique au cœur de la maison

Le tableau électrique répartit l’alimentation entre les circuits de la maison : les lumières, les prises, le four ou le lave-linge. Il regroupe aussi les protections qui coupent l’électricité lorsqu’elles détectent certains défauts.

Pour le comprendre, partons d’une lampe. Quand vous l’allumez, son alimentation passe par plusieurs équipements. Chacun a un rôle précis. Le compteur mesure votre consommation ; les appareils du tableau surveillent et protègent les circuits.

Pour observer votre tableau, gardez le capot de protection en place. Cet article explique son fonctionnement. Une intervention à l’intérieur demande des compétences et une mise en sécurité adaptée, avec vérification de l’absence de tension.

Du compteur Linky aux appareils de la maison

Prenons une installation domestique courante, alimentée en monophasé par le réseau public : elle utilise une phase et un neutre. Notre exemple ne comporte ni panneaux solaires ni batterie. La position des équipements peut varier d’une maison à l’autre.

Compteur Linky à gauche et disjoncteur de branchement à droite
Le compteur mesure l’énergie ; le disjoncteur de branchement assure la coupure générale.
  1. Le compteur Linky mesure l’énergie consommée, en kilowattheures. Il est généralement placé avant le disjoncteur de branchement. Le compteur et le tableau de répartition sont deux équipements distincts.
  2. Le disjoncteur de branchement, aussi appelé disjoncteur abonné, permet notamment de couper l’électricité dans toute la partie de l’installation qu’il alimente. Il assure aussi une protection générale.
  3. L’interrupteur différentiel surveille un groupe de circuits. Il peut couper leur alimentation lorsqu’il détecte une fuite de courant.
  4. Le disjoncteur divisionnaire protège un circuit déterminé contre les surcharges et les courts-circuits.
  5. Le circuit électrique relie le tableau aux points d’utilisation : une ou plusieurs lampes, des prises, ou un appareil qui dispose de son propre circuit.

Un exemple concret : alimenter une lampe

Dans l’installation décrite ci-dessus, suivons maintenant un circuit d’éclairage : le disjoncteur du circuit fait partie des protections situées entre l’alimentation générale et la lampe.

Il faut aussi une boucle fermée pour que le courant circule. Dans cet exemple monophasé, la phase et le neutre participent au fonctionnement du circuit. Le courant ne s’arrête pas dans la lampe, et le fil de terre ne sert pas de retour normal.

Le courant domestique est alternatif. Il change périodiquement de sens. Une flèche allant du compteur à la lampe peut représenter l’organisation de l’alimentation ; elle ne décrit pas un courant qui circulerait toujours dans ce seul sens.

Comprendre l’interrupteur différentiel et le disjoncteur

Ces appareils se ressemblent de loin. Pourtant, ils ne surveillent pas le même problème.

Interrupteur différentiel 30 mA de type A.
Interrupteur différentiel 30 mA — type A

L’interrupteur différentiel surveille les fuites de courant

Il compare les courants qui passent par la phase et le neutre des circuits placés sous sa protection. Un déséquilibre peut indiquer qu’une partie du courant emprunte un autre chemin, par exemple à cause d’un défaut d’isolement.

L’interrupteur différentiel peut alors couper le groupe de circuits. La protection différentielle haute sensibilité contribue à protéger les personnes contre les risques d’électrisation.

Vous trouverez souvent l’inscription 30 mA, soit 30 milliampères. C’est la valeur de référence de sa sensibilité aux fuites de courant. Elle ne signifie pas que le corps humain peut supporter ce courant sans danger.

L’interrupteur différentiel doit fonctionner avec des protections contre les surintensités, c’est-à-dire les courants trop forts. Il ne remplace pas les disjoncteurs des circuits.

Disjoncteur divisionnaire C10 à manette bleue.
Disjoncteur divisionnaire C10

Le disjoncteur divisionnaire protège son circuit

Il coupe en cas de surcharge ou de court-circuit, selon ses caractéristiques. Il évite notamment qu’un courant trop fort fasse chauffer dangereusement les fils du circuit.

L’inscription 16 A ou 20 A indique son calibre, exprimé en ampères. La coupure dépend de la force du courant et de la durée du dépassement : le disjoncteur ne coupe pas forcément dès que le courant dépasse légèrement la valeur inscrite.

Disjoncteur différentiel C16 — 30 mA.
Disjoncteur différentiel C16 — 30 mA

Le disjoncteur différentiel réunit les deux fonctions

Il associe la détection des fuites de courant à la protection contre les surcharges et les courts-circuits. Le choix de ces appareils dépend de l’organisation du tableau, du budget et des circuits que l’on souhaite garder alimentés si un autre circuit présente un défaut.

Autre inscription à distinguer : sur un interrupteur différentiel marqué 63 A – 30 mA, les deux valeurs ne parlent pas de la même chose. Les 63 A concernent le courant qu’il peut transporter dans les conditions prévues par le fabricant ; les 30 mA concernent la détection d’une fuite.

Les autres composants du tableau électrique

Les protections occupent la façade. D’autres éléments permettent de les fixer, de les alimenter et de les identifier.

Une étiquette comme « Prises cuisine » est plus utile qu’un simple « Cuisine » : une même pièce peut avoir des circuits différents pour les prises, l’éclairage et le four.

Selon les besoins, le tableau peut aussi accueillir un parafoudre, un contacteur de chauffe-eau ou un télérupteur. Le parafoudre limite certaines surtensions ; le contacteur et le télérupteur commandent des équipements. Leurs fonctions sont différentes de celles du disjoncteur.

Le coffret et son capot

Le coffret et son capot abritent l’appareillage et limitent l’accès aux parties dangereuses. Une porte n’est pas à elle seule une preuve de protection contre l’eau.

Les rails DIN

Les rails DIN sont les supports métalliques sur lesquels les appareils sont fixés.

Les borniers de répartition

Les borniers de répartition regroupent certains raccordements d’alimentation. La phase et le neutre doivent rester sur des ensembles distincts.

Les peignes électriques

Les peignes électriques distribuent l’alimentation à plusieurs appareils compatibles. Selon le système, ils remplacent une partie des liaisons réalisées avec des fils. Leurs extrémités et les parties accessibles doivent être protégées.

Le bornier de terre

Le bornier de terre regroupe les conducteurs de protection, repérés en vert et jaune.

Les obturateurs

Les obturateurs ferment les emplacements inutilisés en façade. Ils participent à la protection contre l’accès aux parties sous tension.

Les étiquettes

Les étiquettes indiquent ce que chaque circuit alimente.

Pourquoi mon disjoncteur ou un interrupteur différentiel saute (disjoncte)

Dire « le courant a sauté » décrit une coupure, mais ne permet pas encore de connaître sa cause. Il faut distinguer trois situations.

Les trois situations ci-dessous servent à comprendre les protections. Le seul fait qu’une cafetière fasse déclencher le tableau ne permet pas de conclure avec certitude à un court-circuit.

Si les déclenchements se répètent, ne forcez pas le réarmement. Faites rechercher la cause. Un disjoncteur de calibre plus élevé ne constitue pas une réparation.

La surcharge

Plusieurs appareils puissants fonctionnent sur le même circuit. Leur consommation cumulée fait circuler trop de courant pour ce circuit. Le disjoncteur peut se déclencher pour interrompre la surcharge.

Ce n’est donc pas seulement le nombre d’appareils qui compte. Plusieurs petites lampes ne demandent pas la même intensité que plusieurs radiateurs.

Le court-circuit

Imaginez que la phase et le neutre se touchent accidentellement à cause d’un câble abîmé. Le courant trouve alors un passage de très faible résistance. Il peut devenir très important et provoquer une coupure rapide du disjoncteur. C’est un exemple de court-circuit.

Le défaut d’isolement

Un fil sous tension touche, par exemple, la carcasse métallique d’un appareil parce que son isolant est abîmé. Cette carcasse peut devenir dangereuse. Si du courant s’échappe du circuit, la protection différentielle peut détecter le déséquilibre et couper l’alimentation concernée.

Sections de câbles et calibres des disjoncteurs

La section d’un conducteur correspond à la surface de sa partie métallique, exprimée en millimètres carrés. Ce n’est pas le diamètre extérieur du fil avec son isolant.

Le câble et sa protection se choisissent ensemble. Le type de circuit, la longueur, le mode de pose, le matériau, la température et le regroupement avec d’autres câbles peuvent modifier le choix nécessaire.

Quelques repères pour les circuits du logement

Voici des repères pour des conducteurs en cuivre dans un logement. Le tableau indique des sections minimales et des calibres maximaux, issus du guide Schneider Electric d’octobre 2025. Il ne suffit pas à dimensionner une installation : la longueur, la chute de tension, les conditions de pose et les prescriptions du matériel restent à vérifier.

Repères de section et de protection pour quelques circuits domestiques
CircuitSection minimale en cuivreDisjoncteur au maximum
Éclairage
8 points maximum par circuit
1,5 mm²16 A
Prises de courant, 8 prises au maximum1,5 mm²16 A
Prises de courant, 12 prises au maximum2,5 mm²20 A
Prises non spécialisées de la cuisine, 6 au maximum sur ce circuit2,5 mm²20 A
Circuit spécialisé pour un four ou un lave-linge, par exemple2,5 mm²20 A
Chauffe-eau électrique non instantané2,5 mm²20 A
Plaque de cuisson en monophasé6 mm²32 A
Volets roulants1,5 mm²16 A

Comment compter les points d’éclairage ?

Un circuit accueille 8 points d’éclairage au maximum. Un point n’est pas forcément une ampoule :

Un plafonnier ou une applique

Un luminaire, même avec plusieurs ampoules : 1 point.

Un lustre à 3 ampoules → 1 point

Une prise commandée

Une prise pour lampe, pilotée par un interrupteur mural : 1 point par prise.

2 prises commandées → 2 points

Des spots ou un bandeau lumineux

1 point par tranche de 300 VA entamée, pour une même pièce et un même circuit.

Plusieurs spots ≠ autant de points

Combien de points pour mes spots ?

Renseignez les spots d’une seule pièce, sur un même circuit.

Je ne connais que la puissance en watts

Le calcul demande des VA (voltampères), à relever dans les caractéristiques du luminaire ou de son alimentation. Avec des LED, watts et VA ne sont pas automatiquement égaux. Si cette donnée manque, le nombre de spots seul ne permet pas de faire ce décompte.

Recommencez pour chaque pièce, puis additionnez les points du circuit. Ce résultat ne vérifie pas le câblage ni les limites des appareils.

« Au maximum » ne signifie pas qu’il faut toujours installer ce calibre. Un circuit d’éclairage peut, par exemple, être protégé par un disjoncteur de 10 A si les caractéristiques du circuit le permettent.

La VMC, les circuits de commande, les bornes de recharge et les équipements extérieurs demandent aussi de vérifier leurs règles particulières. Pour le chauffage, il faut notamment distinguer les radiateurs muraux des planchers chauffants : leurs tableaux de dimensionnement ne sont pas interchangeables.

Le câble entre le disjoncteur abonné et le tableau

Cette liaison alimente l’ensemble du tableau. Son dimensionnement dépend notamment des caractéristiques du disjoncteur de branchement et de la longueur réelle de la liaison.

La règle « une même section convient dès que la distance est inférieure à 30 mètres » est trop générale. Il faut distinguer un tableau accolé au panneau de contrôle d’un tableau éloigné et vérifier la chute de tension admissible.

La puissance ne donne pas directement la section du câble

La puissance permet d’estimer le courant dans certains cas. Pour choisir le câble, il faut aussi connaître la longueur, le mode de pose et la protection du circuit.

Quel courant pour un chauffage à résistance ?

Estimation en monophasé, pour une charge purement résistive : I = P ÷ U.

Le résultat est en ampères. Il ne détermine ni la section du câble ni le disjoncteur. Ce modèle ne convient pas aux moteurs, aux LED ou aux appareils électroniques.

À quoi sert la terre dans le tableau électrique ?

Le conducteur de protection, vert et jaune, relie les parties métalliques prévues à cet effet au réseau de terre de l’installation. Si un fil abîmé met une carcasse métallique sous tension, cette liaison offre un chemin au courant de défaut et permet aux protections adaptées de couper l’alimentation.

Le bornier de terre du tableau regroupe ces conducteurs. Le neutre et la terre ont des fonctions différentes : ils ne sont pas interchangeables.

La présence de fils vert et jaune ne suffit pas à prouver qu’une mise à la terre est efficace. Il faut notamment vérifier les raccordements, la continuité des conducteurs de protection et les caractéristiques de la prise de terre.

La section du conducteur de protection d’un circuit ne se confond pas avec celle du conducteur de terre ou des liaisons équipotentielles. Ces éléments suivent des règles distinctes ; une valeur unique recopiée pour tous les fils de terre serait trompeuse.

Les questions fréquentes sur le tableau électrique

Le compteur Linky remplace-t-il le tableau électrique ?

Non. Le compteur mesure l’énergie et assure certaines fonctions de gestion de l’alimentation. Le tableau répartit les circuits et contient leurs protections.

Un circuit correspond-il toujours à une pièce ?

Non. Un circuit peut alimenter plusieurs pièces, tandis qu’une pièce peut dépendre de plusieurs circuits. Les étiquettes et le schéma de l’installation permettent de les identifier.

Pourquoi plusieurs circuits peuvent-ils être coupés ensemble ?

Un interrupteur différentiel peut protéger plusieurs circuits. S’il se déclenche, tous les circuits placés sous sa protection sont coupés. Cela n’implique pas que tous leurs appareils sont en panne.

Le disjoncteur abonné remplace-t-il les interrupteurs différentiels 30 mA ?

Non. La protection différentielle générale du branchement ne remplace pas les protections haute sensibilité prévues pour les circuits du logement.

Peut-on intervenir après avoir baissé le disjoncteur général ?

La position d’une manette ne prouve pas l’absence de tension. Une installation peut notamment comporter d’autres sources d’alimentation. La mise en sécurité et la vérification de l’absence de tension doivent être réalisées avec les compétences et le matériel adaptés. Un stylo détecteur sans contact ne remplace pas cette vérification.

Quand faire appel à un électricien ?

Pour intervenir à l’intérieur du tableau, modifier un circuit ou rechercher des déclenchements répétés. En présence d’eau, d’une odeur de brûlé, d’un échauffement ou de bruits anormaux, ne manipulez pas le tableau et faites intervenir un professionnel. S’il y a de la fumée ou un début d’incendie, éloignez-vous et appelez les secours.

Références techniques

Les repères techniques s’appuient sur le guide Schneider Electric « Norme NF C 15-100 – 2024 », édition d’octobre 2025, pages imprimées 14 à 16, 23 et 30, et sur le guide Legrand « NF C 15-100 – Révision 23 août 2024 », notamment les pages consacrées à la terre, aux protections et au tableau. Ce sont des guides de fabricants ; l’application des règles dépend du projet et du référentiel qui lui est applicable.

Pour la prévention des accidents, voir les explications de l’INRS sur les accidents d’origine électrique et les principes de prévention du risque électrique.

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